Sylvie FleuryNée en 1961 à Genève, Sylvie Fleury fait partie de ces artistes contemporains placés sous le signe du "post-modernisme" et du "post-Pop", qui visent à détourner et à s’approprier les fondements de l’art moderne, par des œuvres dont l’impact visuel est souvent primordial.
Autodidacte et sans formation artistique, Sylvie Fleury débute en tant qu’assistante du plasticien suisse, John Armleder. Très vite, elle se fait une renommée dans le monde de l’art grâce à ses créations. Elle se joue des codes et s'amuse à croiser les univers, entre le féminin et le masculin ou l'art et la mode dont elle explore les relations d'emprunts et inversions multiples, de ses shopping bags inauguraux (sacs de boutiques de luxe posés simplement au sol et remplis des achats effectués par l'artiste) aux faux tableaux de Mondrian en fourrure synthétique ou aux slogans tirés de publicités de marques. Chasseuse de tendances, observatrice et actrice de la « Hype society », elle dresse un catalogue des accessoires à la mode, à la fois objets de désir, fétiches modernes et marqueurs identitaires. Depuis quelques années déjà, Sylvie Fleury explore de nouveaux territoires, tous aussi significatifs d'une époque en mal de repères : les sciences occultes, les pratiques zen et le développement personnel.

Ses œuvres ont été exposées lors de nombreuses manifestations culturelles, témoignant de la renommée internationale de son travail : les Biennales (Venise, São Paulo, San Martino, Shanghai), dans des institutions internationales (musée Pompidou, musée d’art contemporain de Lyon et encore Amsterdam, Los Angeles, Berlin, Copenhague, Vienne, Londres), ainsi que dans de nombreuses galeries.

« C’est avec plaisir, délicatesse et conscience que Sylvie Fleury explore les failles du monde de l’art essentiellement machiste que son statut de femme artiste lui laisse apparemment libre. Son œil de vampire l’autorise à se saisir de nombreux travaux historiques, qu’elle admire, pour les féminiser.

Dans son œuvre Yes to All, l’artiste questionne la puissance cachée du langage et les stéréotypes qui s’y rapportent. Ce néon rouge a la couleur du désir, la forme du sexe de la femme, mais dénonce avec une certaine ironie et beaucoup de force l’exigence permanente de disponibilté qui incombe aux femmes.

La dernière photographie, Sans Titre, fait éclater le rythme vertical, emblématique de Daniel Buren (notamment celle de son œuvre Busty Buren sur Busty Buren).

A première vue totalement abstraite, elle déconcerte ensuite par sa forme « féminisée », qui ouvre des béances suggestives. » (texte de Samuel Gross à l’occasion de la remise du Prix 2015 de la Société des Arts de Genève à Sylvie Fleury).

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