Livres publiés

MONSTERS 2005
Texte inédit en anglais écrit pour le livre par Tony Oursler
Pour illustrer 9 photographies originales, inédites et signées de Tony Oursler,
Bande son (remix de bruits captés par la NASA) réalisée et enregistrée sur un CD pour le livre par Tony Oursler
Boîtier conçu par les Radi designers, culbuto en résine blanche, fermé par un globe transparent
Graphisme par Philippe Millot
Chaque copie est numérotée et signée par Tony Oursler et les Radi designers
Dimension: 45 x 35 x 5,5 cm - Édition de 50 exemplaires
MONSTERS

Dans le livre Monsters, le premier livre d’artistes de Tony Oursler, on découvre une discussion anarchique entre des personnages fantasmagoriques, effrayants et drôles à la fois. Tony Oursler tenait beaucoup à réaliser un livre en hommage à ses créatures, afin de laisser une trace pérenne de leur passage, moins éphémère que dans les vidéos.
Les neuf photographies futuristes, explosant de couleurs, capturent les personnages que Tony Oursler met en scène dans ses vidéos. Ces monstres, reliquats d’êtres humains, ont chacun une présence très forte, et un discours cohérent dans son incohérence. Pour l’artiste, il était important de faire entendre par écrit les voix de ces êtres composites, dont le discours n’est parfois pas écouté dans toute son intégrité lors des projections. Issu d’une famille liée à l’écriture, Tony Oursler a toujours voulu immortaliser par écrit les discours de ses personnages. Les phrases fusent sans se répondre, tels des monologues ressassés à l’infini. Au-delà de leur apparence étrange et comique, ces monstres révèlent l’étanchéité des consciences et la profondeur des préoccupations des hommes. Ils exposent de façon attendrissante et surprenante les névroses, les angoisses comme la claustrophobie ou la solitude, et les peurs de tout un chacun.

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Réaliser un livre avec un artiste vidéaste représentait un défi technique et créatif. Le graphiste Philippe Millot a très ingénieusement introduit le mouvement dans ce livre : le texte, dans la tradition des calligrammes chère à Rabelais ou Apollinaire, parcourt les pages de façon anarchique et permet d’allier l’imagination visuelle à celle portée par les mots. L’usage d’encres métallisées invite la lumière à danser sur les caractères typographiques et ajoute à cette impression de mouvement.

Chaque monstre a sa propre personnalité. Chaque monologue est retranscrit par un caractère typographique différent. Les tranches des pages, argentées, prolongent ce mouvement de la lumière jusqu’au culbuto, qui prend vie par un mouvement oscillatoire.

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Les Radi designers ont conçu le boîtier du livre, qui oscille à la manière d’un culbuto, à l’image d’un cabinet de curiosité du xxie siècle,. Tel un bocal de formol, il invite à l’étude ethnographique des monstres et symbolise la sensation d’enfermement qui caractérise parfois la condition humaine : enfermement dans des stéréotypes sociaux ou religieux, dans des schémas de raisonnement en boucle, difficulté de communiquer, dérision de l’homme. Ces personnages ont une vie foisonnante, et leur démarche d’analyse est un terreau créatif qui souligne leur fragilité et les rend attachants. L’oscillation de culbuto permet à chaque instant de mettre en mouvement ces créatures inquiétantes qui semblent s’animer à l’intérieur du boîtier du livre.

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BLACKHOLE
«I’ll turn you into a black hole.
Sun spot pop your mind. Carbon burnout.
Brains all over the place. Go figure.
Yum yum. Frog. Crystal vision. Eat optical alpha.

I’m going to turn you into a spider.»(…)

GLOB
«Inside your mind. Inside your body. I’ve been there.
You think I have a life? You don’t even know the meaning
of life. Oh, two worlds that can never meet.
Cross the vast open black spaces. Deep deep space
You don’t understand the code. Expressions and feelings.
Culture. Speed of light. Can you travel it? See what I mean?
Try to live the moment. Comprehend me.»(…)

SYLVAN
«Smoke sunshine shadow
You want me me me
Jump out of the window the prices have dropped
You’re headed for a silver splat
I’d like a good tumble in the hay
Let the wind blow you away.»(…)

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VETRI ROSA 2006

Texte inédit, écrit pour le livre en italien par Ornela Vorpsi
Cahier de traduction anglaise (Ann Gagliardi) et française (Yann Appery)
7 photographies originales, inédites et signées, réalisées par Mat Collishaw pour illustrer le texte d’Ornela Vorpsi
Feuillets pliés, embossage, découpes et motifs photoluminescents sur feuilles de papier cristal
Boîtier dessiné par Philippe Cramer, coffret en noyer massif avec incrustation de cristaux de taille variable, titre marqué à chaud au fer
Graphisme par Philippe Millot
Chaque copie est signée par Mat Collishaw, Ornela Vorpsi et Philippe Cramer
Édition de 50 exemplaires - 30,5 x 39,5 x 5,5 cm
VETRI ROSA

PURGATOIRE
Une fois mort, on n’a plus peur de dire ce qu’on pense. La pensée est objective parce qu’on est détaché de la chair. Je suis un spectateur parfait. Plus rien ne me touche, je ne fais que contempler comme dans l’enfance on contemple les dessins lumineux et géométriques que crée le mouvement du kaléidoscope entre les mains. Ainsi, je fais rouler lentement les verres colorés de mon existence.

JEUX
Nous ne savions même pas si ce désir du plus profond, du plus subtil, de plus de douleur, si cette sensation sans nom possédait vraiment un lieu concret dans la vie. Ce qui se produisait en nous se transmettait à notre sang, habitait nos corps. C’était au-delà de nous, de la conscience que nous avions alors de la vie et de nous-mêmes. Cette chose sans nom, ce désir dont nous sentions qu’il pouvait nous combler, nous remplir jusqu’à une douleur encore étrangère à notre expérience, c’était l’homme, la puissance de l’homme, pénétrant nos âmes, nos corps.

DRAP BLANC
Les grandes choses n’avertissent jamais de leur venue. Dehors il faisait beau, c’était une nuit d’été avec à profusion le parfum de l’herbe mouillée et les lucioles qui flamboyaient autour.

VASCO
La beauté est une puissance aveugle, elle te prend, te coupe le souffle, elle te creuse les yeux parce qu’ils ne doivent appartenir qu’à elle, elle seule doit être guettée, elle te jette dans la douleur, te reprend de nouveau, te tranche la langue, te brise les jambes, te rend esclave. Tu la subis contre ta raison.

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ARTA
L’œil d’Arta gisait dans ma main. Alors que je cherchais à le lui rendre, dans ma confusion je fis choir le globe. Avec un bruit cristallin il se brisa en deux. Deux demi-sphères blanches. Je levai la tête. Arta murmura: ne t’inquiète pas, c’est un œil de verre, je m’étais lassée de cette couleur d’œil, à la maison j’en ai d’autres. Toi, c’est rose que tu voudrais, pas vrai? Je sais que tu aimes ça les tessons roses! Tu ne peux rien me cacher!

RETROUVAILLES
Qu’elle était belle leur jeunesse. La jeunesse vue du dehors, celle qui n’est pas vécue de l’intérieur. Jaillissaient des larmes parce que pareille beauté était à en perdre l’haleine, à m’en serrer le cœur. Je souriais mais dissimulais mon sourire, nulle rencontre n’était possible sur ces terres, et celle-là même où nous nous étions rencontrées, nous voulions l’oublier.

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BEYROUTH 2008

16 photographies originales (12 tirages noir et blanc et 4 tirages couleur)
signées de Gabriele Basilico, dont 5 réalisées spécialement pour le livre en 2008,
faisant suite aux images de 1991 et 2003
Tous les tirages ont été choisis conjointement par l’éditeur et l’artiste pour cette édition
Texte inédit, écrit pour le livre en français par Wajdi Mouawad,
traduit en anglais par Bernard Hoeppfner
Le livre est en outre enrichi d’un facsimilé du carnet dans lequel l’auteur a écrit le texte
Graphisme réalisé par Philippe Millot, en collaboration avec les éditions Take5
Le boîtier de chacun des 15 exemplaires du tirage de tête crée par Robert Stadler est composé de plaques de mousse solidifiée couleur sable stratifiées par du pvc blanc
Les 25 autres exemplaires sont contenus dans un boîtier en papier gris anthracite
évoquant une cotte de maille
Chaque copie est signée par Gabriele Basilico et Wajdi Mouawad,
(et Robert Stadler pour le tirage de tête)
Édition de 40 exemplaires dont un tirage de tête de 15 exemplaires
30 x 39,5 x 7,5 cm 39 x 53,5 x 11 cm (tirage de tête)
BEYROUTH

BEYROUTH

Lorsqu’ils posent leur regard sur Beyrouth, ni Gabriele Basilico ni Wajdi Mouawad ne cherchent à en imposer leur vision. Comme le dit Wajdi Mouawad, « mes pièces de théâtre ne traitent pas de la guerre, mais parlent de la tentative de rester humain dans un contexte inhumain».
Chacun, à sa façon, privilégie l’objectivité pour faire résonner la part d’humanité qui est en nous. Le texte de Wajdi Mouawad, tout comme les photos de Gabriele Basilico, nous submergent : ils documentent la guerre avec la volonté de témoigner sans jugement, sans détour, sans parti pris, tout en appelant à la responsabilisation des consciences. «Je crois que les générations qui arrivent auront besoin de reconstruire en disant que l’on peut être responsable tout en restant dans le monde », rappelle l’auteur. Les photos de Gabriele Basilico sont des images étonnamment objectives, neutres, silencieuses. Comme l’explique ce dernier, «la “lenteur du regard”, en syntonie avec la photographie des lieux, est une attitude “philosophique” et existentielle, grâce à laquelle on peut tenter de retrouver, dans le monde extérieur, une possibilité de “sens” ». À travers ce souci éthique du détail de la représentation et de la qualité des images, il y a dans les photographies de Gabriele Basilico une rigueur et une perspective qui nous empêchent de tomber dans la glorification du passé, mais invitent plutôt à une quête d’objectivité.

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Sans être narratives, les photographies parviennent néanmoins avec beaucoup de force à exposer les cicatrices encore à vif d’une ville perpétuellement détruite et reconstruite, dont la capacité de résilience est extraordinaire : Beyrouth, telle un phénix, semble sans cesse renaître de ses cendres. C’est dans cette perspective que les éditrices ont choisi d’entremêler dans le livre des photographies prises par Gabriele à différentes époques : les photographies prises en 1991 juste après la guerre civile, celles de 2003 qui montrent l’élan optimiste de la reconstruction, et les photographies de 2008, prises spécialement par Gabriele Basilico pour le livre, qui évoquent les nouveaux défis auxquels Beyrouth est confrontée. Il ne s’agit pas de dresser un portrait chronologique de la ville, à travers un «avant et après», maisplutôt de montrer sa capacité à se transformer sans cesse.

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Le texte qui accompagne les photographies, écrit spécialement par Wajdi Mouawad pour le livre, crée un écho bouleversant aux images. Sont évoqués les blessures de l’exil, l’absurdité des guerres fratricides, le déracinement, la perte de la langue, le deuil de l’enfance, l’oubli des couleurs, mais aussi la résilience de l’être humain, incommensurable. Ce dernier, malgré sa vulnérabilité, manifeste envers et contre tout sa détermination d’aller au fond des choses pour découvrir la vérité. Comme le dit Stanislas Norley, le théâtre de Wajdi Mouawad, « théâtre de l’intime aux formes épiques», a une portée universelle. Le texte du livre, de par son format plus intimiste, parvient à condenser toute la substance de ce théâtre épique. Il a une importance symbolique particulièrement forte, dans la mesure où il est la première incursion de l’auteur dans le registre poétique.
Alors qu’une véritable alchimie s’opère entre la photographie et le texte, le graphisme se met au service de l’art, sans s’effacer devant celui-ci et en lui donnant tout son souffle. Philippe Millot s’est orienté vers un graphisme sobre, aéré, laissant toute sa place au blanc, symbole de lumière et d’espoir. En choisissant une typographie neutre, presque télégraphique, il respecte la gravité du sujet traité. Sa sobriété laisse délibérément place à l’émotion que suscite le sujet. Les lettrines des titres, inspirées par les briques de construction utilisées au Proche-Orient pour les constructions modulables, évoquent les moucharabiehs. Le graphiste a créé enfin quelques dessins abstraits en écho aux photographies de Gabriele Basilico, qu’il a dissimulés sous les tirages.

Beyrouth Pages Et Carnet

Pour construire l’architecture du livre, l’éditeur s’est inspiré du petit carnet Moleskine sur lequel Wajdi Mouawad a écrit et dessiné son texte. Le livre est rythmé comme une respiration par l’alphabet arabe, égrené avec les lettres de l’alphabet latin au fil des pages. Cette dialectique entre les deux alphabets met en relief les affres de l’exil et l’importance de la langue maternelle. C’est en partant de cet équilibre instable qui caractérise la ville des «plaques tectoniques de chagrin» dont parle Wajdi Mouawad que Robert Stadler a créé le boîtier du tirage de tête du livre. S’inspirant de la théorie présentée par le physicien Kolmogorov en 1941, la théorie de la dissipation, selon laquelle certains objets subissent de perpétuelles turbulences, le designer a imaginé un empilement aléatoire de plaques tectoniques qui se seraient décalées entre elles après une secousse. Les strates, construites en mousse alvéolaire et enserrées par des feuilles en composite blanc, évoquent un matériau de construction, comme un clin d’œil à la formation d’architecte de Gabriele Basilico, et à sa retenue moderniste. Ces strates étagées nous rappellent aussi les architectures «à croissance illimitée » du Corbusier, destinées à évoluer dans l’espace et dans le temps, à s’agrandir selon les besoins et les variations de leur environnement. Un autre boîtier a été réalisé pour cette édition, recouvert par un papier métallique qui rappelle la texture de la cotte de maille.

Editions Take5 Beyrouth 1

BOOK OF CHASTITY 2010

Texte inédit, écrit en anglais pour le livre par Tom McCarthy
16 tirages photographiques originaux inédits, réalisés et signés par Ernesto Neto,
Dont 8 tirages sur papier photographique
et 8 tirages sur papier coton
Feuillets pliés, embossage, découpes, coutures et dessins vernis sur papier calque
Boîtier dessiné et réalisé par Ernesto Neto,
composé de lanières en contreplaqué s’emboîtant, recouvertes par un voile de nylon orangé, cousu à la main avec du fil de coton orange et violet
Graphisme par Gva Studio, réalisé en collaboration avec l’artiste et les éditeurs
Chaque copie est signée par Ernesto Neto et Tom McCarthy
Édition de 30 exemplaires - 38 x 51 x 14,5 cm
BOOK OF CHASTITY

BOOK OF CHASTITY

Pour son premier livre d’artistes, Ernesto Neto a choisi d’explorer, à l’instar de ses prédécesseurs du mouvement néo concret Lygia Clark et Hélio Oiticica, l’interaction du spectateur avec son oeuvre. À cet effet, il a choisi de photographier, au fil des heures et des jours durant, une jeune femme qui déambule à travers sa sculpture Our Mist into the Myth installée au Toyota Municipal Museum of Art de Tokyo.
La jeune femme photographiée est à la fois muse et objet de désir de l’artiste: elle se fond progressivement dans l’installation jusqu’à en faire partie intégrante. La sculpture, souple, bio-morphe, composée de tulle de polyamide, de bois, de curcuma et de clous de girofle, se situe bien au-delà du minimalisme abstrait : elle emplit tout l’espace et offre au spectateur un cocon apaisant qui incite à la rêverie, à l’abandon et à la régression. Dans un même temps, elle apparaît comme un monstre macrophage qui engloutit peu à peu le spectateur dans sa sensualité généreuse et accueillante.
Les photographies du Book of Chastity, prises par Ernesto Neto, sont construites sur un jeu triangulaire de miroir entre la jeune femme, la sculpture monumentale qui semble l’avaler, et le regard voyeur plein de concupiscence du photographe. Ce triangle confère à ces images mystérieuses et sensuelles une grande tension qui exprime un désir dévorant. Face à elles on s’interroge : qui est cette jeune femme mystérieuse, évocatrice de l’image mythique d’Ève, « éternelle tentatrice » ? Où sommes-nous ? À l’intérieur du corps de cette femme, ou de la sculpture ? S’agit-il d’un préliminaire lent et sensuel, ou d’un pur fantasme ?

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Le texte écrit pour le livre par Tom McCarthy nous donne des bribes de réponses, sous forme de dialogues intrigants, dans un style très post-moderne. Le récit est écrit à travers deux voix. Dans la première, un homme s’interroge, sur le divan de son psychanalyste, cherchant à se remémorer une passion qui le hante. Il fait part de sa volonté obsessionnelle de posséder corps et âme cette jeune femme qui se refuse à lui, et exprime ses frustrations. Dans la seconde partie, le texte devient extrêmement incisif et cru et prend l’allure d’une mise en scène portée à l’écran par un cinéaste. Par ce procédé, l’auteur Tom McCarthy invente une dialectique déstabilisante qui permet de décortiquer de façon surprenante les ressorts de la mémoire et de l’inconscient. Il explore de cette manière la subjectivité de notre rapport à la réalité. Comme dans son livre Remainder, qui a retenu l’attention de la critique par son écriture avant-gardiste, il utilise deux voix en contrepoint pour disséquer au scalpel la passion et les névroses qu’elle induit. Le texte fait également référence au mythe d’Ovide Narcisse. Ce dernier, alter ego du narrateur, contemple inlassablement son reflet dans le miroir de la surface de l’eau, tant et tant qu’il finit par se noyer. La femme qui retranscrit ses mots, par fragments de phrases, est Echo. Tom McCarthy a habilement joué avec les initiales d’Ernesto Neto, E et N, qui reprennent les initiales d’Echo et de Narcisse.
Le graphisme, réalisé par Gva Studio en collaboration avec l’éditeur et l’artiste, montre page après page une grande sensualité et sollicite l’imaginaire par différents éléments: des tons de peau déclinés, le titre traité en embossage ainsi que la numérotation des pages évoquant à la fois les grains de beauté de la peau et le braille. La gamme chromatique est déclinée de sorte à ce que les photographies et le graphisme se répondent au fil des pages. Les photographies ont été imprimées de deux manières différentes, qui correspondent aux deux registres du texte : les premières plus brillantes, développées sur papier photo, correspondent à la narration, alors que les secondes, des tirages sur papier coton plus abstraits, présentent les images perçues à travers un voile.

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Calque Neto

RECTO VERSO 2012

Texte écrit pour le livre en anglais par Alberto Manguel,
traduit en français par Christine Le Boeuf
Photographies réalisées pour le livre par Ali Kazma :
- 8 tirages photographiques originaux signés
- 176 cartes photographiques imprimées présentées dans des compartiments et juxtaposables selon des combinaisons infinies
Graphisme réalisé par Philippe Apeloig,
en collaboration avec l’artiste et les éditeurs.
Boîtier en érable et polymethyl methacrylate
réalisé en collaboration avec Jean-Luc Honegger,
auteur du dessin figurant sur le couvercle
Chaque exemplaire est numéroté et signé par Ali Kazma, Alberto Manguel, Philippe Apeloig et Jean-Luc Honegger
Édition de 30 exemplaires - 43,5 x 33 x 5 cm
RECTO VERSO

L’artiste questionne depuis plusieurs années le rôle des métiers dans nos sociétés et observe leur mode de fonctionnement afin d’aborder le thème du travail de manière philosophique. «Ali Kazma recourt au genre de l’enregistrement avec une prédilection marquée pour l’attention rapprochée et le regard patient. Ses œuvres prennent le temps: celui de l’observation au plus près, dans une perspective descriptive mais aussi analytique, via le recours à un filmage précis qui goûte de s’appliquer au détail. L’image produite, débordant le cadre documentaire, s’élève par extension au rang de vecteur cognitif. Elle montre sans dramatiser, et rend explicite sans prendre position.» Durant une période de trois années, l’éditeur a accompagné l’artiste sur les routes européennes, dans de nombreux lieux emblématiques du livre, rarement accessibles au public : bibliothèques, imprimeries, manufacture de papier, relieurs, ateliers de restauration, librairies, antres de bibliophiles… Une véritable enquête photographique a été menée. Face à l’ampleur du projet, le nombre de photographies a augmenté de semaines en semaines. Ali Kazma a finipar prendre près de 8 000 photographies. À partir de ce travail d’archive, huit tirages photographiques originaux ont été sélectionnés conjointement par l’artiste et les éditrices pour figurer au sein du livre, ainsi que cent soixante-seize photographies imprimées dans le livre sous forme de petites cartes. Certaines sont descriptives, d’autres purement esthétiques, les autres simplement drôles. Faciles à manipuler, elles donnent au collectionneur la possibilité de composer à l’infini des histoires visuelles liées au monde du livre, à l’image des écrans vidéo qu’Ali Kazma juxtapose dans son œuvre. Chacune dissèque les gestes précis de ces hommes et femmes pratiquant leur métier. L’artiste transcende le côté systématique et répétitif de ces gestes en en révélant la virtuosité et le savoir-faire. Sont également mis à l’honneur les premiers manuscrits, les livres d’artistes, les recueils et traités philosophiques qui ont marqué notre histoire. C’est avec à la fois beaucoup d’émotion et de rigueur qu’Ali Kazma communique sa vision du monde des livres, de son évolution dans le temps et de ces chefs-d’œuvre en péril, qui résonne avec le texte d’Alberto Manguel, l’un des plus grands historiens du livre.

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Ce dernier a rédigé un texte spécifiquement pour ce projet, véritable plaidoyer pour le livre, médiumunique et incontournable. À ses yeux, il est le dernier rempart contre les dangers de l’obscurantisme, et préserve la mémoire de nos sociétés. Dans Hommage à Babel, l’écrivain nous livre un texte à la fois très personnel, nourri de ses expériences de vie, et d’exemples historiques qui soulignent l’importance du livre à travers le temps et les civilisations. Citant de nombreuses anecdotes et références, Alberto Manguel met également en exergue le rôle du lecteur, sans lequel le livre ne pourrait exister à part entière. Pour lui, le lecteur et le livre sont totalement interdépendants. Aussi, évoquant les effets de l’évolution des technologies sur la lecture, il soutient que rien ne remplace la lecture traditionnelle, «pratique qui accorde mieux que toute autre chose en ce monde une sorte de joyeuse immortalité, l’illusion d’un espace et d’un temps illimité. » Pour lui, lire sur un écran « est une activité différente. (…) Cela se passe dans une autre région de notre cerveau. Cela emprunte le vocabulaire de la lecture parce que cela n’a pas encore trouvé le sien».
Philippe Apeloig s’est inspiré de l’aspect documentaire du travail d’Ali Kazma. Le graphiste a imaginé, avec les éditrices, une aventure interactive qui permet au lecteur de découvrir librement les centaines de métiers participant à la réalisation d’un livre. Par un ingénieux système inspiré de symboles annotés par Borges dans l’un de ses manuscrits, Philippe Apeloig a dessiné un code signalétique représentant tous les métiers du livre. Ces symboles, imprimés au dos de chaque petite carte, permettent de retracer de façon ludique et surprenante chaque étape de la fabrication d’un livre, et de sa conservation. Le titre du livre apparaît graduellement sur des rabats de tailles différentes, dans des dégradés de gris. Le cahier du texte reflète la fluidité de la lecture, avec des paragraphes de différentes largeurs disposés selon une grille aléatoire, et la numérotation des pages sautillante. Évoquant les stencils et les origamis, les lettrines annoncent chaque paragraphe à la manière d’un conte de fée post moderne, et sont travaillées avec un minimum de lignes.

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Le relieur Jean-Luc Honegger, pour créer le dessin figurant sur le boîtier du livre, s’est inspiré à la fois de la forme de la bibliothèque, en hommage à Alberto Manguel, et de l’écran vidéo, en référence à Ali Kazma. Le contraste entre le noir et le blanc évoque la dualité de toute bibliothèque, qui, selon Alberto Manguel, est bien classée le jour, et se métamorphose la nuit en laissant la parole aux livres les plus iconoclastes. Elle souligne la lutte entre la lumière de la connaissance et le noir de l’obscurantisme. Travaillant habituellement avec le cuir pour réaliser des reliures uniques de bibliophilie, Jean-Luc Honegger a accepté d’expérimenter pour les éditions Take5 et de travailler avec un matériau contemporain, le polyméthacrylate de méthyle, que l’éditeur a associé à l’érable.

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ENVELOPPE-MOI 2013

Texte inédit, écrit pour le livre en français par Jean-Philippe Toussaint,
traduit en anglais par John Lambert
9 tirages pigmentaires d’Annette Messager,
réalisés spécialement pour le livre par l’artiste
(10 tirages signés pour le tirage de tête)
et imprimés par Robert Hennessey
Fac-similé de cartes postales écrites par Jean-Philippe Toussaint
Set de cartes postales vierges
Photographie originale de Jean-Philippe Toussaint
Le texte, la page de colophon, et l’une des pages de titres ont été dessinés par Philippe Apeloig
Boîtier imaginé par les éditrices en collaboration avec l’artiste
et le graphiste et fabriqué par Mark Tomlinson
Sérigraphies de Grenfell Press
Cette édition a été réalisée par May Castleberry, pour le Library Council du MoMA,
et Céline Fribourg, pour les éditions Take5
Édition de 110 exemplaires, dont un tirage de tête de 26 exemplaires
dans lequel toutes les oeuvres sont signées par l’artiste
37,2 x 29,4 x 4 cm
ENVELOPPE-MOI

ENVELOPPE-MOI

Enveloppe-moi est un livre d’artistes publié par le MoMA en collaboration avec les éditions Take5, Annette Messager et Jean-Philippe Toussaint.
Ce livre intrigant semble attirer le lecteur comme un objet découvert au fond d’une armoire, ou caché sous un lit, prêt à être mis en lumière. Le titre, Enveloppe-moi, composé par l’artiste avec des lettres formées à partir d’un filet, et imprimé en noir par sérigraphie sur le boîtier rouge-passion, résonne comme un appel. Lorsque l’on ouvre le boîtier, comme une enveloppe, le livre se déplie en plusieurs compartiments, dans lesquels on trouve : des cartes postales déjà écrites, qui révèlent une correspondance intime entre Annette Messager et Jean-Philippe Toussaint, une lettre et une photo prise par l’écrivain pour documenter cette correspondance mystérieuse, une autre série de cartes postales, identiques mais vierges au verso, ainsi que dix collages photographiques réalisés par l’artiste. L’ensemble représente un échange visuel et verbal énigmatique. Il semble être l’indice d’une liaison intense, réelle ou imaginaire, gardée secrète.

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En 2011, durant cinq mois, Annette Messager a envoyé successivement à Jean-Philippe Toussaint quinze cartes postales, représentant certaines de ses œuvres reproduites en noir et blanc. Sur ces cartes postales figure une série d’images suggestives et surprenantes, des mots masqués, des phrases ambiguës et des parties decorps. L’écrivain a répondu à ces images sur le côté vierge de chaque carte postale par de brèves réflexions intrigantes et laconiques, composées de questions, de références littéraires. Le lecteur, en examinant ces cartes, ne peut s’empêcher de s’interroger sur la nature du lien qui unit l’artiste à l’écrivain, et réinvente sa propre version de cette liaison. En trouvant dans un autre compartiment du livre un second set de ces mêmes cartes postales, cette fois vierges, le lecteur a la possibilité de prolonger cette histoire, de se la réapproprier en engageant avec le correspondant de son choix un nouvel échange épistolaire.
Au centre de cette boîte repose le cœur de l’ouvrage, neuf (dix dans l’édition de tête) collages en couleur créés spécialement par Annette Messager pour le projet. Ces collages, apparaissant sous forme de tirages pigmentaires réalisés à la main avec le plus grand soin, semblent représenter les scènes d’un roman de fiction. Ils révèlent en images les émotions de l’artiste, intenses et parfois contradictoires, suscitées par cette correspondance. Ces images fantasmagoriques (une jeune femme – l’artiste – prise au piège du désir dans une toile d’araignée;un grosplan vraisemblablement tiré d’un film de série B représentant le dernier baiser de deux amants; une sirène se superposant à une installation de photographies, un criquet musicien sur une nuque féminine…) sont aussi expressives que l’échange de mots sur les cartes postales est retenu. Annette Messager a conçu le livre en collaboration avec les éditeurs, et a utilisé tous les procédés pour enrichir ses œuvres: dessin, collage, couture, superposition de calques, travail numérique des images. Par cet extraordinaire travail en plusieurs étapes, l’artiste a créé des tirages d’une grande poésie.
Tout au long de cette correspondance de cinq mois, Jean-Philippe Toussaint a photographié de son côté les circonstances quotidiennes dans lesquelles il a écrit les cartes postales. L’une de ces photographies figure dans l’un des rabats du boîtier. Les autres sont accessibles online.
Le texte et la page de colophon ont été mis en page par Philippe Apeloig, avec la police Lettera, comme un compte rendu factuel de cette correspondance. La page de titre a été quant à elle conçue par le graphiste de manière à préserver tout le mystère et le côté éphémère de cette liaison supposée.
Le portefeuille a été dessiné par les éditrices, en collaboration avec Philippe Apeloig et Annette Messager. L’artiste a créé des dessins qui ont été sérigraphiés par Grenfell Press sur le boîtier, assemblé par Mark Tomlinson.
Cette édition a été créée pour le Musée d’Art Moderne de New York par May Castleberry, éditrice et responsable du Library Council du MoMA et Céline Fribourg, pour les éditions Take5.

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EDITIONS COROMANDEL : 1996-2003

Les éditions Take5 poursuivent la publication de livres d’artistes dans l’esprit des éditions Coromandel.
Ces dernières avaient été créées en 1997 et avaient publié les livres d'art dont la liste figure ci-dessous, lesquels figurent dans leur majorité dans les collections des plus grands musées. En 2003, les associés de Coromandel ont décidé d’un commun accord de mettre un terme à leur activité éditoriale.

 


LIVRES PUBLIÉS :

CITIZEN SIDEL 1996

Photographies de William Klein (6 tirages argentiques signés) Texte en français de Jerome Charyn
(traduit en anglais par Marc Chenetier)
Boîtier en tissu noir avec un collage géométrique de carton ondulé créé par Marielle Zarraluqui,
Graphisme Olivier Andreotti et Pénélope Monnet
30,5 x 40 x 3,5 cm
Édition de 80 exemplaires
CITIZEN SIDEL

Les éditeurs avaient pensé associer les deux Américains William Klein et Jerome Charyn car ils avaient des destins parallèles. L’un et l’autre, New-Yorkais expatriés à Paris, avaient reçu dans leur pays d’accueil une notoriété que leur ville natale leur refusait. Il s’est avéré qe les deux artistes se connaissaient depuis de longues années et avaient ébauché une collaboration – l’adaptation cinématographique parWilliam Klein d’un roman de Jerome Charyn – avant d’abandonner le projet faute de financement. Cette admiration mutuelle a permis de leur confier la conception éditoriale du livre ainsi que le choix du texte et des images. William Klein a mis à disposition une soixantaine de photos, prises en 1966 à NewYork, parmi lesquelles Jerome Charyn a choisi les six photographies qui l’inspiraient le plus. Il a écrit une nouvelle d’où « sourd une vapeur », selon ses propres mots, en écho aux images de Klein. L’ex-inspecteur Isaac Sidel, personnage emblématique de l’écrivain, devenu maire de New York, y est en route pour la vice-présidence. La conception graphique de l’ouvrage a été supervisée par William Klein et s’inspire largement de ses travaux picturaux des années 50.

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BATEKE 1996

Photographies de Graciela Iturbide
(4 tirages argentiques signés contrecollés sur papier d’édition)
Poèmes en français d’Aimé Césaire et d’Édouard Glissant, traduits en espagnol pour le livre par Alvaro Mutis
Graphisme Andrés Mengs Boîtier en lin naturel
38,5 x 29,5 x 2 cm - 40 exemplaires
Bateke

TOKYO 1996

Photographies de Nicolas Bouvier
(6 tirages argentiques signés contrecollés sur papier d’édition)
Texte écrit en français de William Cliff
(traduit en japonais par Yoshida Kanako)
Boîtier réalisé par Manuel Camargo, à partir de plaques de zinc provenant des toits de Paris, et reproduisant en sérigraphie deux photographies de Nicolas Bouvier
Graphisme Jérôme Le Scanff
33,5 x 26 x 2 cm - 40 exemplaires
TOKYO

Les éditeurs avaient contacté Nicolas Bouvier dans l’espoir qu’il leur donne un texte sur l’Inde. En lui rendant visite dans son atelier genevois, ils ont découvert avec émerveillement des images prises lors de deux séjours au Japon dans les années 50 et 60. William Cliff, poète belge vagabond, a écrit pour faire écho à ces photos une douzaine de dizains en vers libres relatant un récent voyage à Tokyo. Contre toute attente, les deux artistes ne se connaissaient pas. Nicolas Bouvier est décédé peu de temps après la parution du livre, en février 1998. Le boîtier a été fabriqué avec des plaques de zinc provenant des toitures d’immeubles parisiens. Sur chacune des faces du boîtier a été sérigraphiée une photographie de Nicolas Bouvier, celle du recto symbolisant le Japon traditionnel et celle du verso le Japon moderne. Les poèmes de William Cliff ont été traduits en japonais, pour permettre la lecture du texte en japonais mais aussi pour rendre hommage à la beauté plastique des caractères nippons.

Tokyo 2

MUES IMMOBILES 1997

Photographies de Francisco Toledo
(4 tirages argentiques signés contrecollés sur papier d’édition)
Texte en français de Raphaël Confiant
(traduit en espagnol par Alain-Paul Maillard)
Boîtier en tissu teinté avec des cochenilles par Nancy Madrigal,
dont douze exemplaires enrichis de plaques de céramique de Gustavo Perez, incrustées dans l’étui
Graphisme Olivier Andreotti et Pénélope Monnet
40 x 30 x 4 cm - 55 exemplaires
MUES IMMOBILES

L’originalité de l’œuvre de l’artiste mexicain Francisco Toledo tient autant à la multiplicité des influences qui la nourrissent qu’à la variété des supports employés et à la liberté avec laquelle ils sont utilisés. Ses rares autoportraits photographiques ont fait forte impression sur l’écrivain martiniquais Raphaël Confiant : ils lui ont inspiré quatre poèmes en prose qui mêlent l’humain et l’animal, et se nourrissent de légendes amérindiennes. La couverture et les têtes de chapitre sont illustrées par des vignettes dessinées par l’artiste et imprimées. Le tissu employé pour l’entoilage de la chemise est teinté à la cochenille, un insecte parasite du cactus nopal, selon une méthode précolombienne tombée en désuétude et pratiquée aujourd’hui seulement par une poignée d’artisans mexicains.

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THE COINCIDENCE OF THE ARTS 1998

Photographies de Mario Testino
(7 tirages signés, dont 3 tirages argentiques et quatre c-prints)
Texte en anglais de Martin Amis Boîtier créé par Ron Arad en métal noirci dans lequel sont encastrées trois loupes de différentes tailles
Graphisme Jérôme Le Scanff
34 x 34 x 5 cm - 60 exemplaires
THE COINCIDENCE OF THE ARTS

The Coincidence of the Arts est un livre dédié à Londres, ville d’origine de l’écrivain Martin Amis, ville d’adoption du photographe d’origine péruvienne Mario Testino et du designer israélien Ron Arad. Ces deux derniers avaient d’ailleurs, comme l’apprirent les éditeurs lors de la conception du livre, cohabité dans un grand loft occupé par des artistes au tout début des années 1980. C’est pourtant à New York que se déroule le texte et que Mario Testino réalisa la série d’images qui figurent dans ce projet. Après un casting «sauvage» dans les rues de l’East Village, le photographe de mode invita une douzaine de jeunes gens dans un appartement prêté pour l’occasion et immortalisa cette soirée qui virait à la partie fine. Le boîtier, imaginé par Ron Arad, tente avec humour de cacher les formes plantureuses d’une jeune femme largement dénudée. Le coffret d’acier noirci est percé de trois lentilles/loupes qui évoquent l’objectif d’un appareil photographique.

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My Mother’s Killer 1998

Photographies de David Levinthal
(6 cibachromes signés et 1 tirage unique rehaussé
à l’encre pour le tirage de tête)
Texte en anglais de James Ellroy
Graphisme Olivier Andreotti et Pénélope Monnet
Boîtier en carton imprimé fermé par un mikado
33 x 31 x 2,7 cm - 55 exemplaires
MY MOTHER’S KILLER

L’écriture de James Ellroy représente un type de littérature, le roman policier, que les éditeurs souhaitaient introduire dans le livre illustré. L’écrivain proposa aux éditions Coromandel, lors de l’un de ses séjours parisiens, la première publication en français d’un long texte qu’il avait consacré à l’assassinat de sa mère et publié dans la revue américaine GQ. Ce texte, se situant dans le Los Angeles des années 50, évoqua immédiatement aux éditeurs les polaroids du photographe américain David Levinthal. Ce dernier recrée, par l’intermédiaire de petites figurines, certaines scènes de l’Amérique fantasmée d’Eisenhower : scènes de couples se formant ou se quittant, dinners désertés, rondes policières.

Pour le livre, il choisit parmi ses travaux alors récents six images inédites, qui ne sont pas sans évoquer l’atmosphère mystérieuse des tableaux d’Edward Hopper : trois photographies dans des tons de rouge, et trois images bleutées prises au travers d’un écran de télévision.

La couverture du livre s’inspire des affiches de films de série B des années 50, de leurs couleurs et leurs accroches tapageuses. D’une erreur de l’imprimeur, qui intervertit les couleurs, résulte qu’il existe deux états de la page de titre, bleu sur fond rouge et rouge sur fond bleu. Quelques rares exemplaires intègrent ces deux versions ainsi qu’une photographie originale rehaussé à l’encre par l’artiste. Le rabat de la couverture est maintenu fermé par un bâton de mikado.

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Five Hours to Simla 1998

Photographs by Mary Ellen Mark
(4 signed silver prints)
Text in English by Anita Desaï
(translated into Hindi by S. Joshi)
Part of the edition with a tray case designed by Ettore Sottsass,
in elm wood closed by Indian cotton cords
Graphic design by Jacques Le Scanff
16 x 16 x 0.7 inches - An edition of 55 copies
FIVE HOURS TO SIMLA

Les éditeurs souhaitaient, depuis la création des éditions Coromandel, publier un livre en hommage à l’Inde, dont l’une de ses bandes côtières, la côte de Coromandel, avait donné son nom à leur maison d’édition.

L’écrivain indienne Anita Desaï confia aux éditeurs un texte relatant un voyage en famille vers Simla, petite ville des contreforts himalayens où la bourgeoisie de Delhi passe parfois la saison chaude. La photographe américaine Mary Ellen Mark, qui avait voyagé à de nombreuses reprises en Inde, où elle avait pris les images de son célèbre livre Falkland Road, accola à cette nouvelle intitulée Five hours to Simla quatre photographies inédites prises dans les années 80. Ces tirages ont été développés à la main avec le plus grand soin.

De courts extraits du texte ont été traduits de l’anglais en ancien hindi et encadrent le texte comme des frises décoratives aux tons de safran.

La conception du boîtier du livre a été confiée au designer italien Ettore Sottsass. Ce grand connaisseur de l’Inde avait dédié à ce pays une collection de meubles dans les années 80, qu’il avait appelée Bharat. Fabriqué par l’atelier Mourmans à Maastricht, le boîtier est constitué d’une armature en acajou recouverte d’un placage de loupe d’orme, et fermé par des cordelettes en cotonnade indienne.

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L’Ensoleillement des Solitudes 1999

Photographies de Christer Strömholm
(6 tirages argentiques signés)
Texte en français d’Yves Martin
Graphisme Olivier Andreotti et Pénélope Monnet
35 x 35 x 3,5 cm - 50 exemplaires
L’ENSOLEILLEMENT DES SOLITUDES

Christer Strömholm, l’auteur du livre mythique Place Blanche, est le photographe le plus âgé avec lequel les éditions Coromandel ont travaillé. Aussi a-t-il été difficile de lui commander des images inédites. Les éditeurs ont préféré choisir, parmi ses photographies les plus célèbres, un ensemble qui puisse nourrir l’inspiration du poète Yves Martin.

L’un et l’autre avaient vécu à Pigalle dans les années 50, et avaient tiré le meilleur de leurs oeuvres de l’atmosphère de ce quartier de Paris. Dans le livre sont donc évoqués le monde de la nuit, de la prostitution, des travestis et des peep-shows. L’esthétique irréprochable et troublante des images, prises dans les années 50 et 60 par Christer Strömholm, contraste avec la noirceur du sujet et préfigure les travaux de nombreux photographes contemporains comme ceux de Nan Goldin.

Yves Martin s’est éteint quelques semaines après la parution du livre, et Christer Strömholm en 2002.

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Flowers 1999

Photographies de Vik Muniz
(6 tirages argentiques signés, un 7e tirage
inclus dans les 15 exemplaires de tête)
Texte écrit en anglais par Lynne Tillman
(traduit en français par François Boisivon)
Graphisme Olivier Andreotti et Pénélope Monnet
Chemise en carton fermée par deux cordelettes
33 x 28 x 2 cm - 50 exemplaires
FLOWERS

L’artiste brésilien Vik Muniz collectionne les fleurs artificielles depuis de nombreuses années, et en a même confectionné à base de papier. Il a réalisé une série d’images évoquant les herbiers du xviiie siècle, période durant laquelle la botanique amateur devint un divertissement aussi futile qu’aristocratique. Le lecteur a d’abord l’impression, en regardant ses photographies, de contempler l’un de ces herbiers classiques et ordonnés.

Pourtant, en les observant plus attentivement, ce dernier peut facilement déceler le reflet d’un morceau de plastique ou la texture du papier, et se trouve tout à coup décontenancé. Cette mise en abîme de notre faculté de perception, au centre de l’oeuvre de Vik Muniz, inspira à l’écrivain et critique d’art américaine Lynne Tillman un long poème énumératif plein d’ironie et de tendresse.

Les photographies ont été enrichies durant leur tirage de teintes sépia et dorées, afin d’accentuer leur ressemblance avec les gravures anciennes.

La typographie est une réinterprétation post-moderne des lettrines tarabiscotées du xviiie siècle, et le livre est présenté dans une chemise inspirée des anciens cahiers d’écoliers.

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Mexico 1999

Photographies de Pablo Ortiz Monasterio
(7 tirages argentiques signés, et 1 collage
photographique unique rehaussé à l’encre)
Poèmes en français de William Cliff
Graphisme Olivier Andreotti et Pénélope Monnet
Boîtier en carton orange et noir
25 x 36 x 2 cm - 35 exemplaires
MEXICO

Au retour d’une série de conférences au Mexique, l’auteur belge William Cliff a confié aux éditeurs une douzaine de poèmes retraçant ses impressions à chaud sur Mexico. Il y exprimait le quotidien des déclassés de cette ville, qui a tout de suite évoqué aux éditeurs les images sombres du photographe mexicain Pablo Ortiz Monasterio, auteur de La Ultima Ciudad, l’un des plus impressionnants livres de reportage urbain de ces dernières années..

Le photographe a sélectionné sept images pour accompagner les dizains du poète belge, et réalisé un photomontage spécialement pour le livre.

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Surface 2000

Photographies de James Casebere
(6 tirages fugiflex signés, montés sur cintra et laminés)
Texte en français de Mohamed Dib
(traduit en anglais)
Graphisme Arthur Ceria et Steven Learner
Texte imprimé au laser par Patrick Nash
sur des feuilles de plastique transparent
Boîtier en plexiglas transparent, sablé et
vert d’eau, servant aussi de lutrin
54 x 36, 5 x 5 cm - 60 exemplaires
SURFACE

Très intéressé par les théories de Michel Foucault et par l’architecture, le photographe américain James Casebere construit dans son studio des maquettes de villes troglodytes ou fantômes, de bâtiments inondés ou abandonnés, qu’il photographie ensuite de façon métaphysique. Nous avons apparié six de ces images avec un court texte de l’écrivain algérien Mohammed Dib, qui décrit la destruction d’une ville et les efforts de quelques survivants pour y recréer une société souterraine.

Le livre comprend des images indépendantes, de taille variées et contrecollées sur cintra.

Le texte a été gravé au laser sur de fines feuilles de plexiglas transparent, qui laissent transparaître de manière très fluide les images qu’elles recouvrent au fil des pages. L’ombre des lettres se dessine sur l’image et permet la lecture du texte. Lorsque l’on superpose toutes ces pages transparentes, le texte apparaît d’un seul bloc. Le livre repose dans un lourd boîtier, composé de trois différentes sortes de plexiglas, sablé, translucide et bleuté, qui sert également de lutrin. La première photographie apparaît en transparence à travers le couvercle.

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Still Life 2000

Photographies de Kiki Smith
(24 C-prints signés)
Texte écrit en anglais par Lynne Tillman
(traduit en français)
Boîtier (pour le tirage de tête)
créé par Ronan et Erwan Bouroullec :
petit caisson en résine vert mousse fermé par une pince
en métal découpée au laser
Graphisme Olivier Andreotti et Pénélope Monnet
17 x 18, 5 x 7 cm - 60 exemplaires
STILL LIFE

Amies depuis le début des années 1980, l’artiste américaine Kiki Smith et sa compatriote écrivain et critique d’art Lynne Tillman avaient publié deux livres en collaboration.

Les éditeurs ont souhaité, pour ce livre, leur laisser carte blanche. Lynne Tillman a choisi, dans l’oeuvre photographique de Kiki Smith, vingt-quatre images pour répondre, comme dans un « livre d’heures » à sa courte nouvelle poétique formée de vingt-quatre phrases. Les images mêlent le quotidien et l’intimité de l’artiste, ses animaux familiers, sa maison et ses sculptures.

La dimension des photographies est celle des albums de famille, ce qui accentue le caractère intime de l’ouvrage. Le boîtier, conçu par les frères Bouroullec, est formé d’un caisson en résine verte fermé par une pince en métal ouvragé.

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Monologue d’une Ombre 2002

Photographies de Miguel Rio Branco
(8 tirages ilfochrome signés)
Texte en portugais de Augusto dos Anjos
(traduit en français par Didier Lamaison)
Graphisme Olivier Andreotti et Pénélope Monnet
Boîtier de Michele de Lucchi,
composé de plaques de verre encerclées de métal
Diamètre 36 cm, profondeur 4 cm
14,2 x 1, 6 cm - 60 exemplaires
MONOLOGUE D’UNE OMBRE

Dérogeant exceptionnellement à la règle qu’ils s’étaient fixée d’éditer uniquement les textes d’écrivains toujours vivants, les éditeurs ont publié dans ce livre un texte d’Augusto Dos Anjos, le grand poète brésilien parnassien mort en 1914 à l’âge de trente ans. Ce long poème obscur et symboliste hantait en effet depuis de nombreuses années le photographe brésilien Miguel Rio Branco. Ce dernier a choisi pour l’illustrer huit photographies – un pare-brise éclaté, la dépouille d’un cheval, une portion de mur décati – qui, bien que tendant vers l’abstraction, évoquent la violence et la destruction.

Le livre est présenté dans un boîtier sculptural de Michele de Lucchi. Le cercle d’acier évidé, dans lequel sont enserrées les pages du livre entre deux plaques de verre, sert de cadre aux photographies.

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City People 1999

Photographies de Seton Smith
(8 cibachromes signés)
Texte en anglais de Lydia Davis
Graphisme Olivier Andreotti et Pénélope Monnet
41,6 x 31 x 3 cm - 50 exemplaires
CITY PEOPLE

Lydia Davis, l’une des nouvellistes les plus célébrées de notre époque et pilier du New Yorker, a envoyé aux éditeurs une dizaine de textes courts, parmi lesquels la photographe américaine Seton Smith a sélectionné cinq nouvelles, qu’elle a apparié avec ses images d’une cour d’immeuble de l’East Village prises lors d’un de ses récents séjours à New York. Installée à Paris, Seton Smith, la soeur cadette de Kiki Smith, est reconnue pour ses photographies à l’atmosphère irréelle et onirique.

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