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Un Sentiment Empoisonné

Texte inédit, écrit en français pour le livre par Jean-Marie Rouart
illustré par 11 photographies originales de:
Valérie Belin - James Casebere - Mat Collishaw - Tim Davis
Mounir Fatmi - Eric Poitevin - Evangelia Kranioti - David Levinthal
Polly Morgan - Vik Muniz - Angélique Stehli
et par un dessin gravé en embossage de John Armleder
Graphisme réalisé par Gina Donzé pour Base Design Geneva,
en collaboration avec Céline Fribourg
Boîtier dessiné et fabriqué par Piergiorgio Robino pour Studio Nucleo,
en résine, carbone et cendres
Cahier de traduction comprenant la traduction du texte en anglais,
par Peter Doherty, ainsi que des citations philosophiques et littéraires
choisies par les artistes
Chaque copie est numérotée et signée par tous les artistes
Tous les tirages sont également signés
Dimensions: 45 x 28,5 x 5 cm
Edition de 35 exemplaires
Boitier Un Sentiment Empoisonne

L’art fait d’Eros et Thanatos ses deux thèmes centraux, parce qu’ils sont probablement les deux grands tabous de l’humanité. La mort, tout comme le désir, font partie intégrante de notre condition d’homme.

Dans les livres Eros & Thanatos, s’entremêlent, sous forme de trilogie, diverses visions de la mort et du désir : Héroïsme, culte des morts, représentations abstraites de l’absence et nostalgie sont différentes facettes de cette mort redoutée, fantasmée, cachée ou glorifiée, à laquelle personne n’échappe.Héroïsme, culte des morts, représentations abstraites de l’absence et nostalgie sont différentes facettes de cette mort redoutée, fantasmée, cachée ou glorifiée, à laquelle personne n’échappe.

Le désir lui non plus n’échappe pas à une certaine forme de diabolisation. Cette fascination pour l’Eros prend des formes diverses : séduction, pornographie, et addiction sont des pièges inhérents à la condition humaine.

Un Sentiment Empoisonné

L’association des termes Eros et Thanatos relève de la symbolique générale de l’union des contraires. Elle exprime que ces deux pulsions fondamentales sont indissociables, qu’elles ne peuvent être pensées séparément, qu’elles œuvrent toujours ensemble en une sorte d’amalgame. Dans l’amour vrai, on meurt à soi-même et on s’anéantit dans l’échange des corps, de même qu’il n’y a pas de plus grand amour que de mourir pour ceux (ce) qu’on aime ; dans l’amour perverti, on asservit l’autre à soi, on le détruit, on le tue ; dans l’amour jaloux ou qui doute de l’autre, le cœur connaît jusqu’aux affres des Enfers et pousse au suicide ou au crime.

Elle dit aussi la volonté d’être ensemble, malgré la mort, et dans la mort lorsqu’elle devient le seul espoir de réunion. Les histoires d’amour tragique, comme Roméo et Juliette, Tristan et Iseult ou Noces de sang, illustrent ce thème mythique et si romantique. Aimer à jamais jusqu’à ce que la mort s’en suive, plutôt mourir que d’être séparé de toi, se mourir d’amour, aimer à en mourir, mourir de ne pas aimer, et même mourir de ne pas mourir pour rejoindre l’Aimé : autant d’expressions qui disent la force du lien qui unit Eros et Thanatos.

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LE TEXTE : Dans le texte "Un Sentiment Empoisonné", Jean Marie Rouart interroge notre rapport à la mort. En tant que symbole, la mort est l’aspect périssable et destructible de l’existence. Elle indique ce qui disparaît dans l’inéluctable évolution des choses : elle se rattache à la symbolique de la Terre. Mais elle est aussi l’introductrice dans les mondes inconnus des Enfers ou des Paradis ; ce qui montre son ambivalence, qui la rapproche des rites de passage. Elle est révélation et introduction. Dans cette perspective, Jean Marie Rouart interroge la capacité de l’homme à faire de sa propre mort un événement non subi et dégradant mais héroïque, qui le délivrerait des forces régressives et négatives tout en dématérialisant et libéralisant les forces ascensionnelles de l’esprit.

Le mystère de la mort est traditionnellement ressenti comme angoissant, et figuré sous des traits effrayants. La variété des œuvres présentées dans le livre révèle la diversité et l’ampleur des angoisses suscitées par la « Grande Faucheuse »: irruption trop brutale d’une fin irrémédiable, guerre, terrorisme, disparition des êtres chers, angoisse métaphysique de l’Enfer, quête spirituelle sans fin et inassouvie, sont les sujets explorés librement par les artistes pour illustrer le texte écrit pour le livre par Jean Marie Rouart, et évoquer de façon poétique le désarroi de l’homme devant la fragilité de sa condition.

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