Eric PoitevinEric Poitevin est un artiste français né en 1961.

Eric Poitevin a souvent photographié des êtres ou des lieux en voie de disparition. Non par nostalgie ou par simple souci d'en garder une trace, mais parce qu'ils sont porteurs d'une charge de temps et d'expérience sur le point de se dissiper. Et c'est cette charge et l'imminence de sa disparition qui donnent à ses portraits d'anciens combattants, de vignerons d'Arbois, ou de dignitaires de la Curie romaine une telle concentration, à ses paysages de sous-bois et à ses papillons qui s'effritent une telle aura de mystère et de présence. Il ne s'agit pas chez lui d'une typologie ou d'un relevé de type sociologique. Ses photographies sont présentées en ensembles soigneusement construits. Ses images n'ont pas de temporalité définie "Il n'y a pas dans mon travail la possibilité de dire où se trouve la lumière ou le soleil quand je fais la photographie".

Elles ne cherchent pas à séduire, mais à nous confronter frontalement à une réalité sans artifice, au cœur su sujet. Travaillant à la chambre, ce qui l'oblige à prendre de la distance, privilégiant un cadrage frontal et serré qui l'aide à décontextualiser le réel, il construit mentalement une image qui "tiendra" par sa seule force plastique.
L’artiste a notamment exposé au Centre National de la Photographie (1998), au Musée de la photographie de Charleroi (2004), au Musée de la Chasse (2007, Paris), au Centre Pompidou Metz (2010), FRAC Auvergne (2014-15). Résidant à la villa Médicis en 2011-2012, il enseigne aux Beaux-Arts de Paris depuis 2008.

Cette image de crane juxtaposé à des jambes nous interpelle profondément car elle confronte de façon presque trop brutale, trop claire, la vie et la mort, et renverse notre perspective. Eric Poitevin désacralise la mort, en posant ce crâne à même le sol, qui apparaît comme un fruit mûr tombé d’un arbre. Les jambes, bien ancrées dans le sol, symbolisant la force de vie, sont comme les racines de cet arbre.
Par cette habileté à réunir dans une même image ce qui est antinomique : fixité et mouvement, légèreté et densité de la matière, «science fiction « et réel, devant ces images silencieuses, un dialogue particulier s’instaure avec celui qui les regarde.

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